{"id":1896,"date":"2020-06-03T09:54:40","date_gmt":"2020-06-03T06:54:40","guid":{"rendered":"http:\/\/gepomay.fr\/?p=1896"},"modified":"2020-06-03T09:55:07","modified_gmt":"2020-06-03T06:55:07","slug":"evolution-des-populations-de-crabier-blanc-entre-1993-et-2016-le-bilan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gepomay.fr\/index.php\/2020\/06\/03\/evolution-des-populations-de-crabier-blanc-entre-1993-et-2016-le-bilan\/","title":{"rendered":"\u00c9volution des populations de Crabier blanc entre 1993 et 2016, le bilan"},"content":{"rendered":"\n<p>Un rapport sign\u00e9 d&rsquo;une collaboration entre l&rsquo;association malgache Asity, le GEPOMAY et trois autres structures vient de paraitre dans BioOne Complete.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:10px;text-align:right\"><em>Un article de Florent Bignon<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Esp\u00e8ce class\u00e9e mondialement en danger d\u2019extinction (EN) selon l\u2019UICN,  les populations ont \u00e9t\u00e9 estim\u00e9es entre 2000 \u00e0 4000 individus. Ce petit  h\u00e9ron ne se reproduit uniquement que sur 4 territoires, Madagascar,  Mayotte, Aldabra et Europa. Fortement menac\u00e9, il fait l\u2019objet d\u2019un  premier plan d\u2019action qui a d\u00e9but\u00e9 en 2008, \u00e9tal\u00e9 sur 10 ans, visant \u00e0  am\u00e9liorer les connaissances et l\u2019\u00e9tat de conservation de l\u2019esp\u00e8ce sur  les diff\u00e9rents territoires. Aujourd\u2019hui, l\u2019heure est au bilan \u00e0 travers  un article scientifique paru en 2020 dans BioOne Complete et r\u00e9dig\u00e9 par  les associations Asity Madagascar, Durrell Wildlife Conservation Trust,  The Peregrine Fund Madagascar, le GEPOMAY et la collectivit\u00e9 des Terres  Australes et Antarctiques Fran\u00e7aises.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un travail de recensement cons\u00e9quent<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Afin de pouvoir identifier les colonies de Crabier blanc sur les \ndiff\u00e9rents territoires, une des premi\u00e8res actions a \u00e9t\u00e9 de recenser les \ndiff\u00e9rentes zones humides (lacs, marais, rivi\u00e8res, mangroves et \nestuaires) sur les 4 territoires. En effet, le Crabier blanc s\u2019alimente \net niche aux niveaux de ces zones humides.<\/p>\n\n\n\n<p>Suite \u00e0 cela, sur chaque territoire, les suivis de Crabier blanc ont  \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s lorsque cela \u00e9tait possible de janvier \u00e0 f\u00e9vrier, en plein  pic de nidification afin de pouvoir observer le nombre maximal de  Crabier blanc. A Madagascar et \u00e0 Mayotte, des comptages r\u00e9guliers des  oiseaux d\u2019eaux sont effectu\u00e9s par les associations locales. Toutes les  zones identifi\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment ont \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9es afin de r\u00e9colter  diff\u00e9rentes informations&nbsp;: le nombre et la localisation d\u2019individus ou  de nids de Crabier blanc, le type de plumage ou encore les menaces  pr\u00e9sentes sur site. Des d\u00e9nombrements hivernaux ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9  effectu\u00e9s de fa\u00e7on opportuniste en juillet-aout sur certains  territoires. Sur les Terres Australes et Antarctiques Fran\u00e7aises, les  donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9colt\u00e9es par des agents de conservation mis en place  sur l\u2019\u00eele d\u2019Europa depuis 2016.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Madagascar, site principal de reproduction de l\u2019esp\u00e8ce<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Entre 1993 et 2016, des Crabiers blancs ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s au sein de \n111 sites dont 106 \u00e0 Madagascar, 4 \u00e0 Mayotte et 1 \u00e0 Europa. Des donn\u00e9es \nont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 r\u00e9colt\u00e9es \u00e0 Aldabra mais le site n\u2019a pas pu \u00eatre \nvisit\u00e9 lors de cette \u00e9tude. A Madagascar, 60% des sites sont localis\u00e9s \ndans la partie ouest de l\u2019\u00eele, plus favorable \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne les sites de nidification, 11 sites de \nnidification ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts sur ces territoires entre 1993 et 2016 \ndont 6 \u00e0 Madagascar (le parc Tsarasaotra, le lac Ambondrombe, le parc \nTsimbazaza, le lac Matsaborimena, le lac Sofia et le lac Ravelobe), 4 \u00e0 \nMayotte (lagune d\u2019Ambato, Mangrove de Chiconi Mangajou, Ironi Be et \nPoroani Malamani) et 1 \u00e0 Europa (Mangrove d\u2019Europa). En 2001, 20 \u00e0 50 \ncouples de Crabier blanc ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s \u00e0 Aldabra.<\/p>\n\n\n\n<p>A Madagascar, des Crabiers blanc en plumage nuptial ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s \nsur 100 autres sites sans pour autant pr\u00e9senter de signes de \nnidification. Ces sites ont ainsi \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme des sites \npotentiels de reproduction de l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019autant plus que certains n\u2019ont\n pu \u00eatre prospect\u00e9s en pleine p\u00e9riode de reproduction \u00e0 cause des \ninondations importantes en saison des pluies.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Des populations en baisse<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>77% de la population mondiale de Crabier blanc est pr\u00e9sente \u00e0 \nMadagascar. Les r\u00e9sultats des travaux de recensement estiment la taille \nrespective des populations \u00e0 812 oiseaux en plumage nuptial sur \nMadagascar et 250 sur Mayotte et Europa soit 1062 individus nicheurs sur\n l\u2019ensemble des territoires.<\/p>\n\n\n\n<p>En \u00e9tudiant deux des plus gros sites de nidifications pr\u00e9sents \u00e0 \nMadagascar, le parc de Tsarasaotra et le parc de Tsimbazaza, on observe \nrespectivement une diminution de 63% et de 80% des populations sur ces \nsites entre 1990 et 2009. De plus, sur l\u2019\u00eele, 4 sites de reproduction \nidentifi\u00e9s entre 1994 et 2003 semblent avoir \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s entre 2007 \net 2016.<\/p>\n\n\n\n<p>A Madagascar, les populations observ\u00e9es chaque ann\u00e9e varient \nfortement, ce qui peut \u00eatre les cons\u00e9quences de la pression anthropique,\n la pr\u00e9dation et la disponibilit\u00e9 du site de nidification.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur l\u2019\u00eele d\u2019Aldabra, quelques individus avaient \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s dans \nles ann\u00e9es 70 tandis qu\u2019en 2001, une population comprise entre 20 et 50 \ncouples y avait \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e, ce qui montrerait une certaine \naugmentation notable sur cette \u00eele.<\/p>\n\n\n\n<p>A Mayotte et Europa, il n\u2019existe pas encore assez de donn\u00e9es mais il \nsemblerait que la population sur l\u2019\u00eele de Mayotte soit en augmentation \npuisque 20 couples ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s en 2003 et 121 couples en 2015 \nmais il est difficile de d\u00e9terminer si cela est d\u00fb \u00e0 une am\u00e9lioration de\n la dynamique des populations ou \u00e0 un meilleur effort de suivi.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Des menaces d\u2019origine anthropique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Sur les 11 sites de nidification connus, les principales menaces \nidentifi\u00e9es sont le braconnage d\u2019\u0153ufs et de poussins et les \nperturbations humaines. 77% des sites ont pr\u00e9sent\u00e9 des cas de braconnage\n tandis que 23% ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s par des incendies ou impact\u00e9s par la \npr\u00e9dation de certaines esp\u00e8ces.<\/p>\n\n\n\n<p>La destruction des habitats est une menace importante. Au lac Sofia, \u00e0\n Madagascar, plus d\u2019un hectare de papyrus a \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9 pour la culture du\n riz en octobre 2015. A Mayotte, de nombreux marais ont \u00e9t\u00e9 convertis en\n culture de banane et de taro. L\u2019urbanisation \u00e0 Madagascar a \u00e9galement \nconduit au labour de certaines zones humides telles que des rizi\u00e8res \u00e0 \nMadagascar, utilis\u00e9es comme site d\u2019alimentation par le Crabier blanc.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, des cas de pr\u00e9dations naturelles ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s \u00e0 \nMadagascar sur des \u0153ufs ou des poussins, notamment par des oiseaux tels \nque le Gymnog\u00e8ne de Madagascar, le Busard de Madagascar ou le Faucon \np\u00e8lerin.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019impact du rat est suspect\u00e9 mais n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 sur le Crabier blanc.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, une observation d\u2019un Crabier blanc et d\u2019un Crabier chevelu a \n\u00e9t\u00e9 faite en janvier 1999 au parc de Tsimbazaza \u00e0 Madagascar ce qui peut\n soulever l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un potentiel risque d\u2019hybridation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pour la suite&nbsp;?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9tude a permis d\u2019\u00e9valuer la taille et l\u2019\u00e9volution des \npopulations de Crabier blanc et d\u2019identifier l\u2019aire de r\u00e9partition de \nl\u2019esp\u00e8ce ainsi que ses diff\u00e9rents sites de reproduction.<\/p>\n\n\n\n<p>De nouvelles actions doivent \u00eatre mises en place pour assurer la protection de l\u2019esp\u00e8ce&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul><li>Actions de conservation sur les sites de reproduction pour r\u00e9duire les perturbations humaines<\/li><li>D\u00e9ploiement d\u2019un solide programme d\u2019\u00e9ducation et de sensibilisation<\/li><li>Actions de restauration sur les zones humides<\/li><li>Soutien aux activit\u00e9s \u00e9conomiques alternatives comme sources de revenus pour les populations locales<\/li><li>Recherches sur les besoins bio\u00e9cologiques de l\u2019esp\u00e8ce et \u00e9tendre les \u00e9tudes sur les zones de reproduction potentielles<\/li><li>Recherches sur les hybridations possibles<\/li><li>Recherches sur l\u2019\u00eele d\u2019Aldabra<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le LIFE BIODIV\u2019OM<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Depuis 2019, un nouveau plan d\u2019action sur le Crabier blanc a \u00e9t\u00e9  r\u00e9dig\u00e9, permettant de lister de nombreuses actions \u00e0 effectuer pour  prot\u00e9ger l\u2019esp\u00e8ce de 2019 \u00e0 2023 sur l\u2019\u00eele de Mayotte. Une partie de ces  actions seront effectu\u00e9es dans le cadre du LIFE BIODIV\u2019OM entre 2018 et  2023 et permettront de r\u00e9pondre aux besoins cit\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment,  notamment en terme d\u2019actions de conservations sur les sites de  reproduction, d\u2019\u00e9ducation et de sensibilisation, d\u2019actions de  restaurations sur les prairies humides et de recherches sur l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><strong>En savoir plus : <\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul><li><a href=\"https:\/\/www.lifebiodivom.fr\/especes\/crabier-blanc\/\">Le site du LIFE BIODIV&rsquo;OM<\/a><\/li><li><a href=\"http:\/\/gepomay.fr\/index.php\/projets\/crabier-blanc\/\">Les actions du GEPOMAY en faveur du Crabier blanc<\/a><\/li><li><a href=\"http:\/\/gepomay.fr\/index.php\/2020\/02\/17\/nouvelle-fiche-espece-le-crabier-blanc\/\">La fiche oiseau \u00ab\u00a0Crabier blanc\u00a0\u00bb<\/a><\/li><\/ul>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file\"><a href=\"http:\/\/gepomay.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Rabarisoa-et-al_Waterbirds431_pp45-54.pdf\">La publication originale (en anglais)<\/a><a href=\"http:\/\/gepomay.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Rabarisoa-et-al_Waterbirds431_pp45-54.pdf\" class=\"wp-block-file__button\" download>T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un rapport sign\u00e9 d&rsquo;une collaboration entre l&rsquo;association malgache Asity, le GEPOMAY et trois autres structures vient de paraitre dans BioOne Complete. 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