Un oiseau sous haute surveillance
Article mis en ligne le 25 mars 2014
dernière modification le 19 avril 2014
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Lundi 2 décembre 2013, une équipe mixte composée des agents de la brigade
nature, de la police de l’eau, de la DEAL*, du Parc naturel marin et du Gepomay*, a
procédé à une opération de surveillance et de police de l’environnement dans les
mangroves de Mayotte.

L’objectif principal : faire cesser les actes de braconnage en mangrove et notamment sur le crabier blanc (Ardeola idae, « Shidankahi ») une espèce de héron très rare et menacée, mais également sensibiliser et suivre les populations nicheuses de l’île et effectuer une veille sur les autres espèces (tortues, poissons, plantes…).

Le responsable de la brigade nature précise que les opérations de surveillance de la faune et de la flore mahoraise vont être renforcées à l’avenir ; aucune précision concernant les lieux, les dates et les horaires de ces opérations qui pourraient également mobiliser les services de la Gendarmerie.

En effet, l’oiseau rare ne niche qu’à Madagascar, Aldabra, Europa et Mayotte. La
population mondiale, comprise entre 2 000 et 6 000 individus* (soit moins que la population de baleine à bosse lorsqu’elle était au bord de l’extinction), est en déclin depuis 50 ans en raison principalement de la destruction de son habitat et du braconnage de ses colonies pour ses oeufs et ses jeunes.

Voilà pourquoi, l’UICN* classe l’oiseau dans la catégorie des espèces les plus menacées au monde.
Étant une des quatre seules localités où l’espèce niche, Mayotte, qui héberge seulement une centaine de couples, occupe une place primordiale dans la conservation de l’oiseau protégé sur son territoire par arrêté préfectoral.

Grace en partie aux financements de la DEAL de Mayotte, les zones de nidification
(héronnières) sont suivies depuis 2010 par le Gepomay.

En 2011, une colonie complète a été détruite par un acte de braconnage qui constitue une atteinte grave au patrimoine naturel mahorais.
Par ailleurs, les zones humides utilisées régulièrement par le crabier blanc pour se nourrir sont en net recul à Mayotte (drainage, remblai, mise en culture sont autant de menaces pour l’espèce). Selon le Président du Gepomay, l’espèce mérite largement la mise en placed’un plan national d’actions comme il en existe pour les tortues et les dugongs sur l’île.

En attendant, un plan partenarial de surveillance, de suivi et de sensibilisation a été mis en place par le Gepomay et ses partenaires. La brigade nature précise que les risques encourus par les contrevenants braconniers (destruction de héronnière, possession de l’espèce ou de ses oeufs…) sont lourds : un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.

Le plan partenarial animé par le Gepomay et la DEAL mobilise également les services du Parc naturel marin, de l’ONCFS, de l’ONEMA et du Conseil général.

Crédit photos : Gepomay
* DEAL : Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement
* Groupe d’Etudes et de Protection des Oiseaux de Mayotte
* Ndang’ang’a & Sande 2008
* Union Internationale pour la Conservation de la Nature

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